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Du rock avant toute chose Littérature et musique rock Collectif à paraître dans la revue @nalyses Appel à contributions L’étude des rapports entre littérature et musique au XXe siècle a privilégié les genres musicaux les plus « nobles » (la musique classique, l’opéra et, dans une moindre mesure, le jazz), délaissant à des degrés divers d’autres formes d’expression, comme la chanson, le rap et, surtout, le rock. La faute en revient à un corpus inexistant et/ou peu légitime, pensera-t-on. Pourtant, depuis les années 1970, plusieurs romanciers anglophones et francophones ont écrit sur cet enfant du blues, s’appropriant les mythes et représentations qui y sont attachés ; dans le même temps, de nombreux rockeurs ont fait référence à la culture lettrée dans leurs chansons. Les échanges symboliques entre ces deux pratiques apparaissent à quiconque veut bien les voir ; multiples et riches d’interrogations, ils demandent à être étudiés de manière spécifique. C’est de ce dialogue dont nous souhaitons rendre compte et, pour ce faire, on partira des textes et chansons qui se sont chargés de représenter l’autre art. Les écrits littéraires mettant le rock en texte ne manquent pas. En français, on pensera au Jeune homme trop gros d’Eugène Savitzkaya (Minuit, 1978), qui prend pour objet d’écriture la figure légendaire d’Elvis Presley ; aux textes et romans de Jean-Jacques Schuhl, dont le récent Ingrid Caven (Gallimard, 2000) ; à la biographie des Rolling Stones par François Bon (Fayard, 2002) ; ou encore aux écrits des jeunes auteurs invités par « Naïve Sessions », une collection des éditions Naïve consacrée au rock (François Bégaudeau, Olivier Rohe, Claro, Maylis de Kerangal, Arno Bertina, tous salués récemment par le magazine Les Inrockuptibles ). Côté anglais, on signalera les romans Great Jones Street de Don DeLillo (Houghton Mifflin, 1973), que la quatrième de couverture présente comme « the story of Bucky Wunderlick, a rock star who goes underground » ; American Psycho de Bret Easton Ellis (Vintage Books, 1991), dont le personnage principal, on l’oublie parfois, ne fait pas seulement dans le meurtre, mais aussi dans la critique de rock ; ou encore Dwarves of Death de Jonathan Coe (Fourth Estate, 1990), portrait [...] Lire la suite sur Infos Fabula